La décision de se séparer n’est jamais facile. Au-delà des défis émotionnels, des incertitudes financières surgissent souvent – en particulier lorsqu’une indemnisation pour les investissements dans le patrimoine du conjoint est en jeu. Que vous ayez financé la rénovation du logement commun, contribué à l’hypothèque d’un bien appartenant à l’autre ou soutenu une entreprise, ces investissements soulèvent de nombreuses questions en cas de divorce. Le droit de la famille suisse protège vos droits. Cet article vous montre comment sauvegarder vos intérêts financiers.

I. Quelle est la signification de votre investissement en droit matrimonial suisse?

En Suisse, le régime matrimonial constitue la base de la répartition des biens en cas de séparation. Le régime le plus courant est la participation aux acquêts, qui distingue clairement les biens propres des acquêts.

  • Biens propres: Il s’agit des biens que vous possédiez avant le mariage, ainsi que des héritages et donations reçus pendant le mariage.
  • Acquêts: C’est tout ce que vous et votre conjoint avez acquis pendant le mariage par le travail ou les revenus de vos biens propres.

Lorsque vous investissez des fonds provenant de vos biens propres ou de vos acquêts dans un bien de votre conjoint classé comme bien propre, une situation matrimoniale particulière se crée.

II. Votre droit à la compensation: Garantie de la valeur nominale et participation à la plus-value

Le Code Civil Suisse (CC) protège les investissements d’un conjoint dans le patrimoine de l’autre. L’article 206 CC est ici central:

  • Garantie de la valeur nominale: Cette disposition assure que vous récupérez au moins le montant de votre investissement, même si la valeur du bien (par exemple, de l’immobilier) a diminué. Votre capital initial est donc protégé.
  • Participation à la plus-value: Si la valeur du bien augmente grâce à votre investissement, vous participez à cette plus-value. La participation est proportionnelle à votre contribution. Par exemple, si vous avez financé 30% de la valeur d’un bien immobilier qui a maintenant doublé de valeur, vous avez droit à 30% de l’augmentation de valeur, en plus de votre investissement initial.

III. La preuve est cruciale

La validation de vos droits exige des preuves claires. Sans accords écrits ou documents détaillés, il peut être difficile de prouver vos investissements lors de la procédure de divorce. Assurez-vous donc de disposer de:

  • Relevés bancaires: Documentez tous les virements à votre conjoint ou pour des acquisitions/rénovations communes.
  • Factures et quittances: Preuves des matériaux, services d’artisans ou autres dépenses.
  • Communications: E-mails ou messages prouvant des accords concernant les investissements.
  • Accords écrits: Si disponibles, les contrats de prêt ou les accords d’investissement sont très précieux.

IV. Les voies de résolution: De l’accord au tribunal

Un partage équitable des biens est l’objectif.

  • Approches médiatives: Essayez de trouver une solution amiable avec votre conjoint. La médiation peut aider à convenir d’une compensation acceptable pour les deux parties.
  • Convention de divorce: Consignez toutes les conventions dans une convention de divorce détaillée. Celle-ci sera soumise au tribunal pour approbation et deviendra juridiquement contraignante.
  • Procédure judiciaire: Si aucun accord n’est possible, le tribunal statuera sur la liquidation du régime matrimonial. Tous les apports financiers et les régimes matrimoniaux respectifs seront alors examinés en détail.

Conclusion: Vos contributions financières au mariage et au patrimoine de votre conjoint sont précieuses et protégées par la loi. En cas de divorce, l’indemnisation pour les investissements dans le patrimoine du conjoint devient une question centrale. Il est essentiel de rendre ces investissements transparents et de faire valoir vos droits de manière ciblée. Demandez rapidement l’aide d’un avocat spécialisé en divorce pour sauvegarder pleinement vos droits et vous permettre un nouveau départ financier sécurisé.

Quand l’investissement rencontre le droit familial: Le partage des comptes-titres

 

Lorsqu’un couple se sépare en Suisse, la question de la fortune accumulée est centrale. Les comptes-titres, qui peuvent représenter une part significative du patrimoine, posent des défis spécifiques en matière de répartition. Comprendre les subtilités du régime matrimonial est essentiel pour une liquidation des biens sereine.

Nous allons examiner les règles qui s’appliquent aux comptes-titres dans le contexte d’un divorce en Suisse et comment les différents types d’actifs sont considérés.

 

Le cadre juridique: Le régime de la participation aux acquêts

 

Le Code civil suisse (CC) définit le régime de la participation aux acquêts comme le standard pour les couples mariés sans contrat de mariage. Ce système distingue deux masses de biens: les biens propres de chaque époux et les acquêts.

Quels actifs sont des acquêts?

Les acquêts incluent tout ce qui a été acquis par l’effort professionnel pendant le mariage (salaires, prestations sociales, etc.). Ces biens sont, en principe, partagés par moitié lors du divorce.

Quels actifs sont des biens propres?

Les biens propres sont ceux qui appartiennent exclusivement à un conjoint (biens apportés dans le mariage, héritages, etc.). Ils ne sont pas partagés.

 

Le statut des comptes-titres: Déterminer l’origine des fonds

 

La classification d’un compte-titres dépend de son mode de financement:

  • Si les actions ont été achetées avec l’argent du salaire gagné pendant le mariage, elles sont des acquêts.
  • Si elles ont été achetées avec un héritage ou des fonds possédés avant le mariage, elles sont des biens propres.

Le fardeau de la preuve: Il est important de noter que si l’origine des fonds ne peut pas être clairement prouvée, le compte-titres est présumé être un acquêt (Art. 200 al. 2 CC). Une bonne tenue des documents financiers est donc indispensable.

 

Le traitement des revenus et plus-values

 

Le Code civil suisse prévoit une distinction entre les revenus (dividendes et intérêts) et les plus-values (gains en capital).

  • Revenus (Dividendes et Intérêts): Les revenus générés par les biens propres sont considérés comme des acquêts et doivent être partagés.
  • Plus-values: Les plus-values dues à l’augmentation de la valeur des biens propres (p. ex. augmentation du prix des actions) restent généralement des biens propres.

Cependant, les plus-values sur un compte-titres financé par les acquêts sont également des acquêts et seront partagées.

 

L’évaluation des comptes-titres

 

La valeur des comptes-titres fluctue quotidiennement. Pour la liquidation du régime matrimonial, la valeur vénale au moment de la dissolution est prise en compte. Cela signifie que les gains ou les pertes réalisés pendant la procédure de divorce sont généralement pris en considération.

 

Créer un partage équitable

 

La répartition des comptes-titres peut être source de conflits. Il est primordial d’établir une vue d’ensemble claire des actifs et de leurs origines. Que vous optiez pour une solution amiable via la médiation ou une procédure judiciaire, une compréhension précise de ces règles vous permettra de naviguer plus efficacement dans le processus de divorce et d’assurer une répartition financière juste.

De plus en plus de couples préfèrent des cérémonies libres, sans passer par l’officier d’état civil. Pourtant, il est important de se rappeler que le mariage civil offre de nombreux avantages qui font de cette démarche une étape essentielle pour beaucoup. Voici les raisons pour lesquelles cette forme d’union légale reste pertinente dans notre société moderne.

1. Une protection juridique renforcée

Le mariage civil offre une sécurité légale indéniable. En cas de séparation ou de décès, les droits des époux sont bien définis, ce qui réduit les risques de conflits. Par exemple :

  • Succession : En cas de décès, les époux mariés bénéficient d’une exonération de droits de succession dans la plupart des cantons suisses. Ce n’est pas le cas pour les partenaires non mariés, qui peuvent être soumis à des droits de succession pouvant atteindre jusqu’à 50 %.
  • Pension de veuvage : Le conjoint survivant peut toucher une pension ou des prestations d’assurances en cas de décès, des avantages inaccessibles aux partenaires non mariés.

2. Sécurité financière à long terme

Le mariage civil protège les conjoints et leur famille financièrement :

  • Retraite : Les cotisations à l’AVS (Assurance Vieillesse et Survivants) du conjoint actif couvrent également le conjoint inactif, ce qui limite les risques de lacunes dans la prévoyance.
  • Protection des enfants : En cas de divorce, les enfants d’un couple marié sont protégés par un cadre légal, notamment en ce qui concerne l’héritage et les modalités de garde.

3. Simplicité administrative

Le mariage civil simplifie de nombreuses démarches administratives :

  • Gestion des biens et des droits : Les époux n’ont pas besoin de multiples contrats pour régler des questions liées à l’immobilier, à la gestion des biens communs ou à la couverture médicale en cas d’urgence.
  • Contrairement aux couples non mariés, les époux n’ont pas à rédiger plusieurs documents tels que des testaments, des contrats de concubinage ou des procurations.

4. Une reconnaissance sociale

Bien que l’amour et l’engagement n’aient pas besoin d’un certificat, le mariage civil reste un symbole de stabilité reconnu par l’État et la société. Il renforce l’appartenance mutuelle et attribue un statut officiel au couple, ce qui peut avoir une valeur importante dans certains contextes sociaux et professionnels.

5. Un choix pragmatique face aux idées reçues

Certains hésitent à se marier, craignant une augmentation de leurs impôts. Cependant, les avantages fiscaux et juridiques à long terme compensent souvent ces inquiétudes :

  • Optimisation des finances : Les couples mariés bénéficient souvent d’avantages fiscaux et échappent à certains frais de donation ou de succession.
  • Protection des biens : Un mariage permet de mieux gérer le patrimoine et les droits financiers, avec des avantages spécifiques dans certaines situations fiscales.

6. Une base solide pour l’avenir

Le mariage civil est une forme d’engagement durable. Il offre aux couples une stabilité essentielle, notamment pour fonder une famille et gérer des biens communs. Ce cadre solide permet de construire une relation durable, où chacun se sent protégé et soutenu.

7. Un engagement visible devant ses proches

Au-delà des aspects légaux, le mariage civil est aussi un moyen de célébrer publiquement son engagement envers son partenaire. Il témoigne d’une volonté commune de construire un avenir ensemble, fondé sur la confiance et la responsabilité.

Conclusion

Le mariage civil reste une institution précieuse, offrant sécurité, simplicité et reconnaissance sociale. Contrairement aux cérémonies libres, qui séduisent par leur flexibilité, le mariage civil garantit une protection juridique et une structure légale que peu d’autres options peuvent égaler. Si vous envisagez de vous marier, il est important de considérer ces nombreux avantages, qui apportent à la fois stabilité et sécurité pour vous et votre famille.

Non, il est nécessaire de vivre une séparation effective pendant au moins 2 ans (domiciles différents) avant de pouvoir déposer une demande unilatérale. Ce délai commence, par exemple, à partir de la signature d’un nouveau bail ou de l’enregistrement auprès de la commune de résidence. Les seules exceptions à cette règle sont les situations graves telles que la violence domestique, qui permettent une demande unilatérale immédiate.

Dans le cadre de l’ajustement des droits de visite, il est tout à fait possible, dans un esprit de concordance mutuelle et de priorité au bien-être de l’enfant, d’envisager des modifications des accords judiciaires.

Si les parents se trouvent dans l’incapacité de parvenir à un accord sur les modalités de visite, ils peuvent solliciter l’intervention du tribunal ou de l’autorité de protection de l’enfance (APEA) pour trancher la question. Bien que les décisions rendues par le tribunal ou l’APEA doivent normalement être respectées par les parents, il est important de noter que ces décisions fixent seulement le nombre minimum de visites pour le parent non gardien. Les parents ont donc toute latitude pour convenir de rencontres plus fréquentes.

Par exemple, même si une décision établit les périodes de visite pendant les vacances et octroie à la mère non gardienne le droit de passer certains jours fériés avec l’enfant, un accord parental conjoint peut remettre en question cette disposition. Toutefois, toute modification apportée doit impérativement être dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

La séparation des partenaires non mariés se trouve dans une zone grise en matière de cadre juridique spécifique en Suisse. Les règles qui s’appliquent sont principalement issues du droit des contrats, du droit civil et du droit des obligations.

La question de la pension alimentaire est cruciale lors de la séparation des partenaires non mariés. En l’absence d’obligation légale de soutien financier, les partenaires doivent trouver un accord à l’amiable ou recourir à une décision judiciaire pour résoudre cette question.

La répartition des biens acquis en commun est également un point essentiel. Elle est basée sur le principe de la participation aux acquêts, où chaque partenaire conserve les biens qu’il possédait avant la cohabitation, tandis que les gains réalisés pendant la relation sont partagés.

En ce qui concerne les enfants issus de cette union, des accords doivent être conclus concernant la garde et le soutien financier. Dans certains cas, une intervention judiciaire peut être nécessaire en l’absence d’accord entre les parents.

Les séparations conflictuelles ont tendance à affecter davantage les enfants. En revanche, un divorce géré de manière coopérative et amicale par les parents peut atténuer les effets négatifs sur les enfants et faciliter leur adaptation à la nouvelle situation familiale.

La violence domestique, qui englobe les abus physiques, sexuels, psychologiques et financiers, ne connaît pas de frontières sociales et affecte des individus de tous âges et orientations relationnelles. Bien que les hommes puissent également être des auteurs de violence, les femmes sont souvent la majorité des victimes, typiquement maltraitées par leur partenaire actuel ou passé.

La Convention d’Istanbul, élaborée par le Conseil de l’Europe, définit la violence domestique comme une série d’actes préjudiciables au sein de la famille ou entre partenaires, que ce soit dans des relations actuelles ou passées. En identifiant la violence domestique comme un problème lié au genre, cette convention engage les États signataires à protéger les victimes, à prévenir les actes de violence, à poursuivre les auteurs et à élaborer des stratégies globales de lutte.

Reconnaître les signes moins évidents de violence, tels que la manipulation psychologique ou l’isolement social, est crucial pour prévenir l’escalade et briser le silence souvent environnant.

Le rôle des normes de genre est profondément enraciné dans la perpétuation de la violence domestique, soutenu par des conventions sociales et des rôles traditionnels. La Convention d’Istanbul souligne la nécessité de remettre en question ces stéréotypes de genre et mise sur l’éducation et la sensibilisation pour provoquer un changement social.

Les États participants à la Convention d’Istanbul s’engagent à mettre en place des stratégies globales, comprenant des mesures de prévention, un soutien aux survivants et des campagnes de sensibilisation visant à changer les normes culturelles.

La création d’un réseau de soutien fiable est essentielle, incluant le cercle familial et amical ainsi que les professionnels de la santé, les travailleurs sociaux et les organisations non gouvernementales, pouvant offrir sécurité et assistance aux victimes de violence domestique. Il est impératif de briser le silence autour de la violence domestique et de promouvoir des actions collectives pour favoriser des relations fondées sur le respect et l’égalité.

La gestion du domicile principal des conjoints et du lieu de résidence des enfants sous la garde parentale est un aspect clé du droit de la famille suisse, notamment dans le contexte des séparations ou des divorces. Cette gestion est réglementée par les articles 176 et 25 du Code civil suisse, qui exigent une évaluation minutieuse des besoins et des préférences des parties concernées.

Attribution du domicile principal des conjoints

Selon l’article 176, paragraphe 1, point 2 du Code civil, en l’absence d’accord commun sur l’utilisation du domicile conjugal, il incombe au juge de prendre une décision en équilibrant les intérêts. Ce processus vise à déterminer le conjoint qui bénéficierait le plus du logement en tenant compte des besoins individuels de chacun. Les critères d’évaluation incluent la proximité du lieu de travail, les obligations familiales ou encore la capacité à entretenir le logement.

Si cette analyse initiale ne permet pas de prendre une décision claire, le juge se concentre alors sur le conjoint pour qui le déménagement serait le plus supportable. La santé, l’âge et les liens émotionnels avec le logement sont pris en compte à cette étape. Les considérations économiques jouent un rôle moins central, sauf si des difficultés financières rendent impossible la conservation du logement.

En l’absence de solution satisfaisante, le juge attribue le logement au conjoint qui en est soit propriétaire, soit a un droit d’usage antérieur.

Lieu de résidence de l’enfant : divers critères pour son intérêt supérieur

Concernant le lieu de résidence de l’enfant, l’article 25, paragraphe 1 du Code civil suisse prévoit différents critères à prendre en compte pour déterminer son lieu de résidence idéal et garantir son bien-être, notamment en cas de parents vivant séparément. Le lieu de résidence initial de l’enfant est celui du parent ayant la garde effective.

En cas de garde conjointe, le choix du lieu de résidence de l’enfant repose sur une analyse objective qui privilégie l’endroit où l’enfant a tissé les liens les plus forts. Cela inclut la proximité avec les personnes importantes telles que d’autres membres de la famille, les écoles, les garderies et les lieux où l’enfant pratique des activités extrascolaires et sociales. Il est intéressant de noter que le fait que l’enfant ait vécu dans l’ancienne résidence familiale n’est pas considéré comme pertinent dans cette évaluation.

En conclusion, ces dispositions soulignent la volonté du droit suisse de protéger au mieux les intérêts et le bien-être des parties impliquées dans les procédures de séparation ou de divorce, tout en mettant en évidence la complexité des dynamiques familiales et en soulignant la nécessité pour les juges de prendre des décisions équilibrées et adaptées à chaque situation.