En droit suisse, le principe de litispendance joue un rôle crucial lorsqu’une même affaire est en cours dans plusieurs pays ou juridictions. Cela concerne principalement les situations où les mêmes parties sont impliquées et où l’objet du litige est similaire. En vertu de la Loi fédérale sur le droit international privé (LDIP), un tribunal suisse doit interrompre sa procédure si une action identique est déjà en cours dans un autre pays, et se dessaisir dès qu’une décision est rendue dans cette action étrangère, à condition qu’elle soit reconnue en Suisse. Mais comment cela affecte-t-il vos affaires juridiques ? Explorons les points essentiels.

Litispendance : Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Le concept de litispendance vise à éviter les conflits de décisions et à garantir que deux juridictions ne statuent pas de manière contradictoire sur le même problème. En pratique, cela signifie qu’un tribunal suisse suspendra une procédure en cours si une affaire identique est déjà traitée ailleurs. Une fois qu’un jugement a été rendu dans le pays où la première procédure a été introduite, cette décision doit être reconnue par les tribunaux suisses, ce qui entraîne la fin de la procédure en Suisse.

Il y a cependant une exception à cette règle : si la procédure est initiée en Suisse avant qu’une action similaire n’ait été engagée à l’étranger, le tribunal suisse poursuivra son instruction jusqu’au jugement. Si la décision étrangère survient avant que le tribunal suisse n’ait statué, celle-ci ne pourra pas être appliquée ici.

Comment déterminer l’identité de l’objet du litige ?

Un des éléments clés pour savoir si la litispendance s’applique est la question de l’“identité de l’objet du litige”. Cela signifie que pour que le principe s’applique, il faut que l’objet de l’action judiciaire soit exactement le même, même si les détails diffèrent. Le Tribunal fédéral de Suisse précise que l’objet du litige est considéré comme identique lorsque la demande faite dans une nouvelle procédure repose sur les mêmes faits ou causes juridiques que dans l’affaire déjà en cours, même si les demandes sont opposées ou seulement préjudicielles.

Exemple pratique : Les contributions alimentaires après un divorce

Un exemple courant de litispendance en Suisse concerne les modifications des contributions alimentaires après un divorce. Même si les circonstances de la demande pour ajuster les contributions alimentaires concernant l’ex-conjoint et les enfants peuvent être liées, elles sont juridiquement distinctes. La demande relative à l’ex-conjoint concerne des aspects financiers basés sur le mariage, tandis que celle portant sur les enfants est fondée sur la filiation.

Ainsi, bien que les deux demandes concernent des faits similaires, elles n’ont pas le même fondement juridique. C’est pourquoi, en Suisse, ces demandes peuvent être formulées séparément et ne sont pas automatiquement soumises à la règle de litispendance.

Pourquoi la reconnaissance des décisions étrangères est-elle importante ?

La reconnaissance des décisions judiciaires rendues à l’étranger est un autre aspect essentiel lié à la litispendance. Elle permet aux tribunaux suisses de tenir compte des décisions prises dans d’autres pays, lorsque ces décisions respectent les critères juridiques en vigueur en Suisse. Ce processus assure que les décisions internationales sont prises en compte, sans qu’il soit nécessaire de rouvrir une procédure judiciaire en Suisse.

En résumé : Litispendance, une règle pour la cohérence juridique

En conclusion, la litispendance en Suisse est une règle importante qui vise à préserver la cohérence des décisions judiciaires internationales. Elle garantit que les décisions rendues dans une autre juridiction, tant qu’elles respectent les conditions de reconnaissance en Suisse, sont prises en compte pour éviter les jugements contradictoires. La question de l’identité de l’objet du litige est donc essentielle pour déterminer si cette règle s’applique, comme l’illustre bien le cas des demandes distinctes concernant les contributions alimentaires après un divorce.

Cette règle est un outil précieux pour les parties en litige, leur permettant de mieux comprendre le fonctionnement des procédures transfrontalières et de savoir à quoi s’attendre lorsqu’une décision étrangère est impliquée.

Lorsqu’un parent envisage de déménager à l’étranger avec l’enfant après une séparation ou un divorce, plusieurs principes juridiques doivent être rigoureusement respectés pour guider cette décision délicate.

Il est essentiel de souligner que l’objectif principal n’est pas de déterminer ce qui serait le plus avantageux pour l’enfant, mais de préserver son bien-être. La décision doit évaluer si le déménagement avec le parent souhaitant émigrer est dans l’intérêt supérieur de l’enfant par rapport à rester avec le parent résidant en Suisse.

Cette décision vise à traiter une nouvelle réalité et à ajuster les intérêts de l’enfant en conséquence, en accordant une priorité absolue à son bien-être pour décider de l’autorisation du changement de résidence.

À cet égard, les critères juridiques établis pour l’attribution de la garde lors des procédures de séparation ou de divorce s’appliquent par analogie à l’article 301a du Code civil suisse. Ces principes sont essentiels pour garantir une décision équitable et équilibrée, en tenant compte avant tout des besoins spécifiques de l’enfant.

Il est également crucial de noter que la simple flexibilité des horaires ne suffit pas en soi comme justification. La jurisprudence suisse indique que, en cas d’incertitude quant à l’autorisation du déménagement, le parent déménageant n’est pas désavantagé par le fait de ne pas avoir fourni d’informations détaillées sur son futur lieu de résidence, la crèche envisagée et d’autres aspects de sa vie quotidienne à l’étranger.

Le silence pesant d’une maison vide, l’absence soudaine et insupportable d’un enfant… Vous aviez accepté, en toute confiance, des vacances à l’étranger avec l’autre parent, mais ils ne sont pas rentrés comme prévu. Le poste de police évoque un possible enlèvement international d’enfant selon la Convention de La Haye. La médiation se présente alors comme une alternative empreinte de dialogue et de compréhension.

Dans la tourmente, la médiation offre une lueur d’espoir. Elle encourage le dialogue et vise un accord mutuel, sans les complexités des procédures juridiques internationales. Un médiateur neutre facilite la communication entre les parents, favorisant un accord centré sur le bien-être de l’enfant et respectant les lois internationales.

La médiation, rapide et efficace, répond à l’urgence des procédures de La Haye, évitant ainsi une bataille juridique prolongée et le risque d’aliénation parentale. Les solutions trouvées peuvent être officialisées, mettant fin à la procédure en cours et facilitant une décision judiciaire future.

Humanisant le processus, la médiation place l’enfant au centre des discussions. Les parents, malgré la tension, créent des solutions durables, offrant ainsi un horizon stable pour l’enfant.

Alors que la procédure de La Haye se poursuit en arrière-plan, la médiation émerge comme une solution réconfortante, préservant le bien-être de l’enfant et favorisant la coopération parentale. En pleine tempête, la médiation guide vers des solutions équilibrées, même au milieu des eaux tumultueuses du contentieux international.

L’importance du droit de séjour en cas de divorce peut être cruciale, surtout lorsque l’un des conjoints est étranger. Si un(e) Suisse(sse) épouse une personne venue de l’étranger, celle-ci obtient généralement un permis de séjour en Suisse. Mais que se passe-t-il en cas de séparation ou de divorce ?

Pour les étrangers titulaires d’un permis C ou d’un permis B dans le cadre du regroupement familial, les conséquences d’une séparation ou d’un divorce sont différentes. Les titulaires d’un permis C peuvent généralement rester en Suisse après la séparation ou le divorce, tout comme les ressortissants des pays de l’UE et de l’AELE qui disposent d’un permis B.

Cependant, pour les étrangers originaires de pays hors UE et AELE et titulaires d’un permis B, la situation est plus complexe. En cas de séparation ou de divorce, ils risquent de perdre leur droit de séjour en Suisse.

Il existe cependant des possibilités de prolongation du permis de séjour, notamment si le mariage a duré au moins trois ans et si les parties sont bien intégrées en Suisse. Des raisons importantes, telles que la présence d’enfants communs ou des situations de violence conjugale, peuvent également justifier une prolongation du séjour.

Il est important de noter que ces droits ne s’appliquent pas en cas de mariage de complaisance ou de comportement abusif. Dans de tels cas, le permis de séjour ne sera pas prolongé et la personne concernée devra quitter la Suisse.