Démystification des idées reçues sur le divorce en Suisse : 7 mythes à ne pas croire

Le divorce est souvent perçu comme un processus complexe, entouré de nombreuses idées fausses qui alimentent la confusion et l’anxiété. En Suisse, des mythes persistants sur le divorce peuvent nuire à une prise de décision éclairée. Cet article vise à clarifier certains des mythes les plus répandus et vous fournir des informations précises pour mieux comprendre ce processus.

Mythe n°1 : Le conjoint fautif reçoit une compensation moins favorable

Il est courant de croire que si l’un des partenaires est responsable de la rupture (par infidélité ou mauvais traitement), cela affectera la répartition des biens ou le montant de la pension alimentaire. En réalité, en Suisse, les tribunaux se basent sur des critères objectifs, comme le régime matrimonial et les besoins des parties, et non sur la faute. Seules les actions ayant un impact direct sur les finances du couple seront prises en compte.

Mythe n°2 : Les mères ont systématiquement la garde des enfants

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’existe aucune présomption en faveur des mères en Suisse. Les tribunaux décident de la garde des enfants en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant, sans distinction de sexe. La garde partagée est de plus en plus courante, à moins qu’il n’y ait des circonstances particulières nécessitant une solution différente.

Mythe n°3 : Celui qui gagne le plus d’argent obtient plus de biens

Le revenu de chaque parent n’a pas d’impact direct sur la part des biens attribuée lors du divorce. En Suisse, la répartition des biens se fait selon le régime matrimonial choisi (par exemple, communauté de biens ou séparation des biens). Même si un parent gagne plus, celui qui a sacrifié sa carrière pour s’occuper des enfants ou a moins de revenus peut obtenir une part plus importante des biens.

Mythe n°4 : La pension alimentaire détermine les droits de visite

Les droits de visite et la pension alimentaire sont deux questions distinctes. Le montant de la pension alimentaire ne dépend pas des droits de visite. Les tribunaux déterminent les modalités de contact en fonction de ce qui est le mieux pour l’enfant, sans que la pension alimentaire influence cette décision.

Mythe n°5 : Vous devez divorcer dans le canton de votre mariage

Contrairement à ce que l’on croit souvent, il n’est pas nécessaire de divorcer dans le canton où vous vous êtes marié. En Suisse, vous pouvez entamer une procédure de divorce dans n’importe quel canton tant que vous y résidez. La compétence des tribunaux dépend de votre lieu de domicile et non du lieu de mariage.

Mythe n°6 : Il faut obligatoirement passer par le tribunal pour divorcer

Il est tout à fait possible de divorcer à l’amiable en Suisse, sans procédure judiciaire complexe. Si les deux parties sont d’accord sur les termes du divorce (répartition des biens, garde des enfants, pension alimentaire), un juge peut simplement homologuer l’accord par écrit, ce qui évite une audience en tribunal. Cette approche est souvent plus rapide et moins coûteuse.

Mythe n°7 : Votre ex peut réclamer une part de vos futurs gains

En Suisse, une fois qu’un accord de divorce ou de séparation est signé, vous mettez fin à toute obligation financière envers votre ex. Cependant, sans un accord de divorce clair, il est possible que votre ex-partenaire tente de réclamer une part de vos gains futurs, comme un héritage ou les bénéfices d’une entreprise. Un accord bien rédigé vous protège de telles demandes.

Conclusion : Se libérer des mythes pour mieux aborder le divorce

Les mythes concernant le divorce peuvent perturber les décisions et compliquer le processus. En Suisse, bien comprendre les réalités juridiques vous permet de prendre des décisions éclairées. Le divorce peut sembler intimidant, mais se baser sur des faits réels vous permettra de traverser cette étape avec plus de sérénité. Si vous avez des questions spécifiques ou des doutes, n’hésitez pas à consulter un avocat spécialisé en droit de la famille pour vous guider dans votre situation.